Afin de pouvoir intégrer l'épisode depuis Vimeo (seule plateforme sans publicités ni suggestions d'autres vidéos dont je ne peux gérer le choix, mais où je ne peux pas télécharger un fichier de plus de 20Go), je séparerai exceptionnellement, sur le site, l'épisode en 2 vidéos : MAIS il n'est pas en deux parties, il est bien d'un seul tenant.

#38 de 00:00:00 à 01:22:53​​​​​​​
suite #38 de 01:22:53 à 02:52:33
[Présentation sur YouTube]

PUCK#38_  « CAR LE SNARK ÉTAIT UN BOOJUM » [in The Hunting of the Snark, Lewis Carroll, 1876]
📍Chers Abonnés 🖤, quelques mots pour vous plus bas, après une présentation plus froide juste ci-dessous : vous saviez que cet épisode était à l’attention des témoins et s’il n’est pas précisé de quoi, c’est volontaire.

JOURNAL DE BORD DE L’ÉPISODE :
00:00:00 | EMBARQUEMENT | LÉGITIMITÉ | CONCEPTS | BLANC
00:14:33 | LES GILETS JAUNES, LANGAGE ET BASTINGAGE
00:31:36 | INTELLECTUELS ET HARPONS, 2nde PARTIE XXe / XXIe
00:46:33 | LE PRÉSIDENT ET SA CLOCHE
01:03:09 | BRÛLER LES VAISSEAUX : L’ACULTURE FRANÇAISE
01:10:17 | LE TIMONIER SUIT SES ORDRES ET LE CAP DE MOUTONS
01:14:52 | LES MOUETTES QUI SUIVENT ET LE FERLAGE
01:19:28 I MÉRIDIENS DU GRAND DÉBAT + CHECKPOINT* | DOLDRUMS*
01:34:17 | LA SOCIÉTÉ TOTALITAIRE*
01:47:27 I INTERMÈDE | POINT D’INFLEXION : L’INCENDIE DE NOTRE-DAME-DE-PARIS
02:04:20 | LA MUTINERIE DE COMPTOIR
02:11:43 | COQUE SANS ARMURES NI NID-DE-PIE
02:15:45 | LES FRÈRES DE LA CÔTE
02:31:02 | « CAR LE SNARK ÉTAIT UN BOOJUM » “FOR THE SNARK WAS A BOOJUM”
02:38:55 | UN PARFAIT ET ABSOLU VIDE ! »
02:47:44 | EMBARQUEMENT | LÉGITIMITÉ | CONCEPTS | BLANC

CE PUCK#38 est signalé, par Twitter et/ou par mail, à Philippe Aghion | Olivier Beaud | Agathe Cagé | Gilbert Cette | Louis Chauvel | Daniel Cohen | Christine Erhel | Marthe Fatin-Rouge Stefanini | René Frydman | Jean Jouzel | Philippe Martin | Claudia Senik | Laetitia Strauch-Bonart | Magali Talandier | Valentine Zuber

Voilà, ouf, hé bien, un comme ça, pas toutes les semaines. Désolée d’avoir temporisé, tout a été très long à faire ; bon, l’enregistrement à recommencer, c’était une chose, mais l’affaire de quelques heures, par contre, ensuite, le montage et l’encodage à cause du poids des fichiers lié à la longueur exceptionnelle : un temps incompressible.
Il n’y a aucun résultat à attendre : peut-être qu’encore une fois il ne s’agira que d’ajouter une date à une liste, et que c’est elle qui fera foi, un jour, ou jamais. L’essentiel est de ne jamais céder au vide et de ne pas abandonner de s’étonner, voire sursauter, jusqu’à la colère, entendre ses alarmes naturelles, les préserver du silence, de la négociation, de l’avis général, surtout quand il n’existe pas et ne saurait s’argumenter.
L’épisode #38 s’appuie sur La Chasse au Snark, THE HUNTING OF THE SNARK, de Lewis Carroll, paru en 1876, classé « poésie absurde » ou « nonsense » en anglais.
Carroll le nomme « une agonie en huit crises », et il n’en a quasiment jamais rien dit, ce qui laisse au texte son mystère, son génie si le lecteur le désire, et la possibilité, aussi, de lui faire dire ce qu’on veut.
Quoique.
Le texte n’est pas si absurde, et c’est une tragédie. Et trop de passages, bien que délirants par certains mots utilisés de façon insensée, par des situations pratiques impossibles, restent tenus par le sens et pas assez illogiques. Ainsi, le texte peut être utilisé, sans être trahi, comme un filtre à placer devant notre temps pour le regarder à travers ses lignes.

Voici ce que raconte le poème de 564 courtes lignes :

Embarquent, pour la chasse au Snark, sur un navire dont le capitaine est l’Homme à la Cloche (qui n’a qu’une notion de la navigation : agiter sa cloche), et formant avec lui un « équipage » :
un Fabricant de bonnets et capuchons, (Boots)
un Avocat (Barrister) pour gérer leurs différends,
un Courtier (Broker) pour évaluer leurs biens
un Marqueur au billard (Billiard-marker) à l’immense compétence
un Banquier (Banker) engagé à grand frais aux soins duquel l’argent de chacun était confié,
un Castor (Beaver) arpentant le pont ou faisant de la dentelle, qui d’après l’Homme à la Cloche les a souvent sauvés du naufrage, bien qu’aucun marin ne sache comment,
un Boucher (Butcher) qui n’a qu’une idée en tête « Snark » et annonce une semaine après le départ qu’il ne tue que les castors,
un Boulanger (Baker) ; comme il a oublié de mentionner qu’il avait 42 malles d’effets, elles sont restées sur la grève, et puisqu’il y avait son nom sur chaque, il a aussi oublié son nom.
(Il est fait mention de marins, d’un timonier, d’un équipage aussi, mais seulement pour les besoin de l’histoire ;  « l’équipage » est sinon, donc, constitué de ces 9 personnages.)

Le Snark ne sera pas décrit.

Après qu’ils sont descendus à terre, un lieu décevant fait de gouffres et de rochers, mais idéal, d’après l’Homme à la Cloche, pour un Snark, le boulanger leur conte, la tenant de son oncle mourant, la façon de l’approcher, l’appâter, le séduire.
Le Boulanger leur dit que son oncle, « qui lui a donné son nom », (mais l’Homme à la Cloche le presse de poursuivre car la nuit va tomber) l’a mis en garde contre certains Snarks qui sont des Boojums, et si c’est le cas, au moment d'en capturer un, « doucement et soudainement » le Boulanger disparaîtra et jamais plus ne reviendra. Le boulanger ne peut supporter les derniers mots de son oncle, qui oppressent son âme.
L’Homme à la Cloche lui reproche de ne pas l’avoir signalé avant, le Boulanger affirme qu’il l’a dit.

Les membres de l’équipage ont quelques brèves aventures contées, rêvées ou non, tragiques ou non.
Le Banquier devient fou après l’attaque féroce d’un Bandersnatch.
Le Boucher et le Castor, après une péripétie arithmétique insensée, deviennent les meilleurs amis qui soient, pour la vie.

Et le poème s’achève alors que le Boulanger au sommet d’un roc crie aux autres qu’il a trouvé un Snark, mais « doucement et soudainement », il disparaît, « Car le Snark était un Boojum »



Pour l’épisode #38, voici la part originale du texte, traduite rapidement, qui sera utilisée, à propos de l’Homme à la Cloche :

001 « L'endroit idéal pour un Snark ! » cria l’Homme à la Cloche,
002 Alors qu'il débarquait son équipage avec soin ;
003 Aidant chaque homme à passer la marée
004 D’un doigt crocheté à ses cheveux.

005 « L'endroit idéal pour un Snark ! Je l'ai dit deux fois :
006 Cela seul devrait encourager l'équipage.
007 L'endroit idéal pour un Snark ! Je l'ai dit trois fois :
008 Ce que je vous dis trois fois est vrai. »

…/…

089 L’Homme à la Cloche, ils le portaient tous aux nues—
090 Quelle allure, quelle aisance et quelle grâce !
091 Quelle solennité aussi ! On pouvoir voir qu'il était sage,
092 Dans la seconde où on le regardait en face !

093 Il avait acheté une grande carte représentant la mer,
094 Sans le moindre vestige de terre :
095 Et l'équipage fut très satisfait quand elle leur apparut être
096 Une carte qu'ils pouvaient tous comprendre.

097 « À quoi servent pôles Nord et Équateurs de Mercator,
098 Les lignes des Tropiques, Aires et Méridiens? »
099 Pleurait l’Homme à la Cloche : et l'équipage alors répondait
100 « Ce ne sont que des signes conventionnels !

101 « D'autres cartes ont telles formes, avec leurs îles et leurs caps !
102 Mais nous devons remercier notre courageux Capitaine »
103 (L'équipage insistait alors) « de nous avoir acheté la meilleure—
104 Un parfait et absolu vide ! »

105 C'était charmant, aucun doute : mais ils découvrirent bientôt
106 Que le Capitaine en qui ils avaient si bien confiance
107 Avait seulement une vague idée de la traversée de l’océan,
108 Et c'était agiter sa cloche.

109 Il était réfléchi et grave—mais les ordres qu’il donnait
110 Suffisaient à déconcerter un équipage.
111 Quand il criait : « Tribord toute, mais gardez sa têtabâbord ! »
112 Enfin, qu'était censé faire le timonier ?

113 Alors le beaupré se mêlait parfois au gouvernail :
114 Une chose, comme l’Homme à la Cloche le signala,
115 Qui arrive souvent dans les climats tropicaux,
116 Quand un navire est, pour ainsi dire, « snarké ».

117 Mais le défaut majeur apparut dans la navigation même,
118 Et l’Homme à la Cloche, perplexe et affligé,
119 Dit qu'il avait espéré, au moins, si le vent soufflait plein Est,
120 Que le navire ne voyagerait pas plein Ouest !

121 Mais le danger était passé, ils étaient enfin descendus à terre,
122 Avec leurs malles, leurs mots-valises et leurs sacs :
123 Cependant, au premier abord, l'équipage fut déçu de la vue,
124 Qui consistait en des gouffres et des rochers.

125 L’Homme à la Cloche perçut que leur moral était bas,
126 Et répéta sur un ton musical
127 Quelques blagues qu'il avait gardées pour un temps de malheur—
128 Mais l'équipage ne faisait rien d’autre que gémir.

129 Il servit généreusement des grogs,
130 Et les enjoignit à s'asseoir sur la plage :
131 Et ils ne purent que convenir que leur Capitaine avait l’air impressionnant,
132 Comme il se tenait debout et prononçait son discours.

133 « Amis, Romains et compatriotes, prêtez-moi l’oreille ! »
134 (Ils étaient tous friands de citations :
135 Ils burent à sa santé, et l'acclamèrent trois fois,
136 Pendant qu'il versait des rations supplémentaires).


La préface au poème, écrite par Carroll, est importante, voici ce qu’elle explique à propos de la ligne 113 :
« Alors le beaupré se mêlait parfois au gouvernail : »
L’Homme à la Cloche, qui était presque de façon morbide sensible aux apparences, faisait démâter le beaupré une à deux fois par semaine pour qu’il soit reverni, et il arriva plus d’une fois qu’au moment de le replacer, plus personne à bord puisse se souvenir d’à quel bout du navire il appartenait [le beaupré se situe au-delà de la proue, donc à l’avant]. Ils savaient qu’il n’y avait aucune utilité à en appeler à l’Homme à la Cloche à ce propos — il ne ferait que lire avec des tons pitoyables les Instructions de l’Amirauté qu’aucun d’entre eux n’avait jamais été capable de comprendre — donc, le beaupré finissait généralement fixé en travers du gouvernail. Le timonier restait sans intervenir jamais, des larmes dans les yeux, il savait que rien n’allait [tout était faux ou mauvais], mais hélas ! la Règle 42 du Code « Personne ne parlera à l’Homme à la Barre » avait été complétée par l’Homme à la Cloche lui-même « Et l’Homme à la Barre ne parlera à personne. » Donc la critique [protestation] était impossible, et le navire serait indirigeable  jusqu’au vernissage suivant. Pendant ces déconcertants intervalles, le navire voguait généralement en arrière.
TEXTE CRU

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